7h et quelques broutilles, il est l’heure de partir à la gare pour prendre le train de 7h17. Pour une fois, j’ai un chauffeur en la personne de maman, qui est en visite. C’est agréable de ne pas avoir à affronter le grand froid dès le matin…
Par contre, il y a du monde sur la route, c’est un peu la foire devant la gare, hop je descends et en voyant la foule dans le hall de la gare, je me dis « argh, il y a un problème… ».
Un gros problème.
Tous les trains sont affichés avec un « Retard Indéterminé ». Tous. Et là je suis contente d’aimer les trains et de m’y intéresser car derrière ce « retard indéterminé » se cache un autre sens : « voyageur, si tu le peux, rentre chez toi, il n’y a pas de train, du moins pas avant un bout de temps ».
Je fais demi-tour, tente de rattraper mon chauffeur, hélas, parti. Je tente donc de le rejoindre par téléphone, mais les éléments se liguent contre moi et c’est la croix et la bannière pour faire marcher cet avatar du modernisme d’une marque qui pourtant m’avait été chaudement conseillée. C’est décidé, quand j’ai un peu plus de temps, je pars en quête d’un nouveau téléphone plus nordique.
Dans l’intervalle, j’ai réussi à contacter une collègue pour lui signaler le problème et lui recommander de ne pas se presser, des trains, il y en aura, mais quand ? Rien n’est moins sûr.
Mon chauffeur finit par me récupérer en chemin, ce qui m’aura permis de prévenir les voyageurs qui se hâtent en direction de la gare, croyant être en retard. « Ne vous hâtez pas, les trains sont en rade ». Nul besoin d’explications, les voyageurs ralentissent le pas, à demi soulagés de savoir qu’ils auront leur train. Ils ne savent pas encore que la masse de gens qui attendent dans le hall de la gare à des allures de chaos… et j’imagine les cheminots harcelés de toute part.
Une fois de retour au chaud dans mon home sweet home, je me branche sur internet, plus précisément sur le site Gares en mouvement. Premier constat : le site de la gare de Thionville n’est pas mis à jour. C'est-à-dire que les départs et arrivés reflètent tout sauf la réalité, rien à signaler, tout circule bien. Par chance, le site de la gare de Metz, lui, est mis à jour en temps réel, ce qui me permet d’avoir un aperçu de la situation – assez chaotique il faut le dire – de la circulation des TER.
Entre deux calculs pour savoir si oui ou non, ça vaut la peine d’aller se frigorifier sur le quai de la gare, j’apprends que certaines collègues ont tenté le périple, mais mettront un temps assez conséquent pour arriver. Même le TGV reste en rade, ce qui est tout, sauf un signe de bon augure (légende ou non, pour moi, si le TGV ne circule plus, alors plus rien ne circule).
J’ai fini par prendre un train en fin de matinée et je suis arrivée 25mn plus tard à destination pour découvrir que les collègues échangeaient leurs informations. La discussion du jour était bien sûr les raisons qui avaient provoqué un tel chaos ferroviaire.
Dans l’ordre nous eûmes :
- Alerte à la bombe à Metz avec activation du plan vigipirate (l’annonce aurait été faite en gare, aux dires des voyageurs)
- Problème à Metz-Nord (annoncé par le contrôleur dans le train, dixit une collègue partie de Metz)
- Panne d’un train voyageur entre Metz et Luxembourg (d’après le site Gares en mouvement)
- Problème d’alimentation électrique à Thionville (ce que je crois volontiers puisque mes lampes clignotaient façon sapin de Noël à la maison)
- Grand froid qui a provoqué des problèmes (d’après France Info)
Et le gagnant est… le problème d’alimentation électrique, comme le signalent les panneaux d’affichage en gare de Thionville ce mercredi matin…
Et on apprécie l’attention de la SNCF de prévenir les voyageurs. Prochaine étape : découvrir ce qui techniquement a posé problème, afin d’en savoir plus sur les limites des motrices électriques à deux étages. Et au passage, si je pouvais avoir un petit topo sur les conséquences du froid sur le parc ferroviaire (outre de faire éclater les rails), je serais ravie !
Reste à trouver un cheminot qui aurait la patience de m’expliquer tout ça…